Marie Catherine Meyer (1918-2019) est née en Moselle encore allemande, dans la famille d’un mineur de fer. Après des études primaires à Algrange, puis à l’école primaire supérieure de Thionville et à l’école normale de Metz, elle est devenue institutrice en 1937 puis a vécu la guerre réfugiée en Savoie. Elle deviendra plus tard professeure de français et de philosophie.
Les souvenirs qu’elle a rédigés à la fin de sa vie sur son enfance et sa jeunesse sont d’une lecture agréable et vivante. Ils évoquent avec une précision exceptionnelle son milieu familial, la société cosmopolite d’une ville minière et les études qu’elle a menées, depuis le cours préparatoire jusqu’à l’école normale d’institutrices. Outre les souvenirs eux-mêmes, les études qu’elle a faites sont documentées par les riches archives personnelles qu’elle avait conservées, notamment des compositions françaises, des devoirs de vacances, de la correspondance active et passive, dont quelques exemples sont donnés en annexes.
L’ensemble de ces textes, dénués de toute illusion rétrospective, a permis au fils même de leur auteure d’écrire une substantielle introduction dans laquelle il souligne que leur lecture donne matière à réflexion sur quelques questions importantes, mais le plus souvent absentes de l’histoire de l’enfance, de l’enseignement et, donc, de la société et de la culture : le sens qu’une jeune fille donne elle-même à ses études, dès son plus jeune âge ; le profit proprement intellectuel qu’elle y cherche et en retire ; enfin, la façon dont elle se projette, comme femme active et mariée, dans le contexte précis de l’entre-deux-guerres, entre mémoire de la première et appréhension de la seconde.
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